Bourse de Moscou
— Indice MOEX (IMOEX)
La Bourse de Moscou (MOEX) est la principale plateforme de négociation financière en Russie. L'indice IMOEX suit la performance des 50 plus grandes entreprises russes cotées à Moscou, principalement dans les secteurs de l'énergie, des matières premières et de la finance. Depuis 2022, le marché russe évolue dans un environnement marqué par les sanctions occidentales et un isolement progressif des infrastructures financières internationales.
La Bourse de Moscou (MOEX — Moscow Exchange) est née en 2011 de la fusion de deux bourses historiques russes : la MICEX (Moscow Interbank Currency Exchange) et la RTS (Russian Trading System). Elle constitue aujourd'hui l'infrastructure centrale du système financier russe et offre des services de négociation sur un large éventail d'instruments : actions, obligations, produits dérivés, devises et matières premières.
L'indice phare de la bourse est l'IMOEX (Indice MOEX Russia), anciennement appelé MICEX. Il s'agit d'un indice composite pondéré par la capitalisation qui suit la performance des 50 plus grandes entreprises russes cotées. Les secteurs de l'énergie (Rosneft, Lukoil, Novatek, Gazprom) représentent la part la plus importante de l'indice, suivis par les métaux, les banques (Sberbank) et les télécommunications.
Depuis l'invasion de l'Ukraine en février 2022, la Bourse de Moscou opère dans un environnement radicalement transformé. Les sanctions financières internationales et leur renforcement en juin 2024 ont conduit à la suspension des transactions en dollars américains et en euros sur le marché organisé de la plateforme. Dans ce contexte, une partie des opérations sur ces devises s'est déplacée vers le marché de gré à gré (OTC), tandis que le marché organisé de MOEX s'est progressivement réorienté vers des devises de pays considérés comme partenaires commerciaux de la Russie.
Le 23 avril 2026, la Commission européenne a proclamé l'adoption du 20e train de sanctions contre la Russie, portant à 70 le nombre de banques russes exclues de l'accès au marché intérieur de l'UE. Le jour même de cette annonce, l'indice MOEX a enregistré une hausse, atteignant 2 775 points et gagnant 0,48 % par rapport à la session précédente — illustrant le découplage progressif du marché russe des marchés occidentaux.
| Mesure | Date | Impact sur la MOEX |
|---|---|---|
| Exclusion du SWIFT (banques majeures) | Mars 2022 | Chute de 45 % en une séance · Suspension 3 semaines |
| Sanctions USD/EUR sur marché organisé | Juin 2024 | Fin du trading USD/EUR sur MOEX · Réorientation vers CNY, AED |
| Sanctions sur Rosneft et Lukoil (US) | 2024–2025 | Rosneft −5%, Lukoil −4% en une séance |
| 20e paquet de sanctions UE (70 banques) | Avr. 2026 | MOEX +0,48% · Marché résistant · Découplage |
| Taux directeur CBR maintenu à 21 % | 2025–2026 | Pression sur valorisations · Soutien au rouble |
L'indice MOEX Russia a atteint les 3 000 points en août 2025, gagnant 10 %, dans l'espoir d'une fin de la guerre de la Russie contre l'Ukraine. Le président Poutine a rencontré son homologue américain Trump en Alaska pour discuter des termes potentiels d'un cessez-le-feu. Les actions russes prolongent la période sans corrélation avec les mouvements des marchés boursiers mondiaux, alors que la série de sanctions occidentales contre la Russie a détaché son secteur financier des développements mondiaux.
🔹 Prix du pétrole brut (Brent/Oural) — corrélation très forte. Les revenus pétroliers représentent ~40 % du budget fédéral russe.
🔹 Taux directeur de la Banque de Russie — actuellement à 21 %, il pèse sur les valorisations.
🔹 Évolution du conflit en Ukraine — tout signal de négociation provoque des rallies. Une escalade pèse sur l'indice.
🔹 Cours du rouble (USD/RUB) — un rouble faible profite aux exportateurs énergétiques qui perçoivent leurs revenus en dollars.
🔹 Nouvelles sanctions — paradoxalement, le marché y est devenu largement insensible depuis 2023.
L'indice MOEX évolue de façon largement décorrélée des marchés occidentaux depuis 2022. Sa performance dépend avant tout des facteurs internes russes (énergie, politique monétaire, conflit ukrainien) plutôt que des tendances mondiales.