L’or atteint de nouveaux sommets sur fond d’incertitudes géopolitiques accrues
Le prix de l’or a poursuivi sa progression, continuant sa hausse en début de séance mardi et établissant de nouveaux records, les investisseurs se tournant à nouveau vers les valeurs refuges. Cette progression de plus de 2,8% depuis le début de la semaine s’explique par une forte dégradation du sentiment de risque, alimentée par la résurgence des tensions géopolitiques entre les États-Unis et l’Europe.
Au cœur de cette situation se trouve Donald Trump, qui a réaffirmé son désir d’acquérir le Groenland et, plus controversé encore, a menacé d’imposer des droits de douane aux pays européens qui s’opposent à cette initiative. La réaction de l’Europe est à suivre de près. L’Allemagne a averti que Trump avait franchi une ligne rouge, tandis que des informations suggèrent que l’Union européenne envisage sérieusement des droits de douane de représailles sur jusqu’à 93 milliards d’euros de marchandises américaines. Pour les marchés, tous les signes d’une confrontation transatlantique naissante sont réunis. Les marchés actions ont chuté des deux côtés de l’Atlantique, les contrats à terme américains ont baissé et l’or a atteint des niveaux inédits, les investisseurs cherchant à se prémunir contre la montée des risques politiques. À moins d’une désescalade rapide, les perspectives pour l’or devraient rester haussières.
Le dollar américain poursuit sa baisse, renforçant les perspectives pour l’or
L’attrait de l’or s’accroît avec le retour en force de la stratégie dite « vendre l’Amérique ». Le dollar américain s’est affaibli sur l’ensemble du marché des changes, reculant même face aux devises liées aux matières premières, sensibles au risque. Cet affaiblissement du dollar américain constitue un atout supplémentaire pour les métaux précieux, renforçant la hausse de l’or à un moment où la confiance dans les actifs américains semble vaciller. Pour l’instant, la géopolitique et la dynamique des changes convergent, confortant les perspectives haussières pour l’or.
Quelle sera la suite?
Les dirigeants européens sont désormais confrontés à un exercice d’équilibriste délicat. La diplomatie est la première option, et la moins conflictuelle, mais elle n’a jusqu’à présent pas permis d’infléchir la position de Trump. Une opportunité se présente toutefois cette semaine. Le Forum économique mondial de Davos réunit Trump, le secrétaire général de l’OTAN et de nombreux responsables politiques européens de haut niveau. Des discussions directes pourraient encore offrir une issue, ce qui explique peut-être la relative stabilité des marchés par rapport aux précédents épisodes de guerre commerciale. Si la diplomatie aboutit et que les tensions s’apaisent, les actifs à risque pourraient connaître un rebond. Dans ce cas, l’or pourrait subir une certaine faiblesse à court terme.
Une autre option envisagée par les dirigeants européens est de reporter la ratification de l’accord commercial UE-États-Unis conclu l’été dernier. Cela nuirait sans aucun doute aux économies européennes, mais aurait également des conséquences évidentes pour les États-Unis. Les marchés interpréteraient probablement cela comme une escalade significative. Les actifs à risque seraient sous pression, la volatilité augmenterait et l’or attirerait probablement davantage de capitaux refuges.
Le scénario le plus inquiétant pour les marchés est l’éventuelle utilisation de l’instrument anti-coercition de l’UE. Cette législation n’a jamais été conçue pour être utilisée contre un allié comme les États-Unis, et pourtant, elle fait désormais l’objet de discussions sérieuses, notamment de la part du président français Emmanuel Macron. Si elle était activée, elle permettrait à l’UE d’imposer des droits de douane, de restreindre l’accès des entreprises américaines au marché unique et de limiter les investissements américains en Europe. Une telle mesure provoquerait presque certainement une réaction rapide et hostile de Washington, augmentant ainsi le risque d’une guerre commerciale à grande échelle. Pour les actions, l’impact serait extrêmement négatif. Paradoxalement, cela pourrait même exercer une pression à la baisse sur le cours de l’or, car le métal pourrait être vendu par les investisseurs utilisant l’effet de levier pour dégager des marges afin de compenser les pertes sur leurs positions longues en actions.
Analyse technique de l’or : Niveaux clés à surveiller
D’un point de vue technique, il est évident que la tendance reste résolument haussière. Dans cette optique, il convient de surveiller les niveaux de support à la clôture. Le premier support se situe au niveau du plus haut atteint lundi, autour de 4690 US$, qui constitue désormais la première ligne de défense. En dessous, le marteau formé vendredi à 4621 US$ est le prochain niveau clé à surveiller. Un repli plus marqué pourrait exposer le cours de l’or à 4550 US$, son précédent record historique de décembre, tandis que la zone des 4500 US$ demeure un support psychologique important. Tant que ce niveau résiste, les acheteurs conservent la mainmise sur le marché.

À la hausse, le cours de l’or au comptant ne rencontre que peu de résistances significatives. Les niveaux psychologiques de 4800 et 4900 US$ constituent les prochains points de référence évidents, tandis que le seuil clé de 5000 US$ représente l’objectif psychologique à long terme.
Dans un contexte géopolitique marqué par la pression sur le dollar américain, les perspectives pour l’or restent orientées à la hausse, du moins tant que l’incertitude persiste dans le paysage macroéconomique.
Par Fawad Razaqzada, FOREX.com » Site Officiel
Fawad est un analyste expérimenté, un éducateur commercial et un économiste. Il produit du contenu de recherche et d’analyse en utilisant sa vaste connaissance de l’économie mondiale et des marchés financiers, qu’il a acquise au cours des 12 dernières années dans l’industrie. Fawad est spécialisé dans le forex, les indices boursiers et les marchés des matières premières, utilisant une combinaison d’analyses fondamentales et techniques pour fournir des idées commerciales exploitables et anticiper les mouvements potentiels du marché. Ses commentaires macro sont régulièrement cités par les principales publications financières telles que Reuters et Market Watch.