Le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a répondu aux questions des journalistes et a donné des précisions sur la politique monétaire de la banque centrale. Ses commentaires faisaient suite à une baisse de taux d’intérêt de 25 points de base, largement anticipée, ramenée à 2,25%.
Points saillants de la conférence de presse de la Banque du Canada
- La Banque du Canada a de nouveau abaissé ses taux pour soutenir l’économie en s’adaptant à la politique commerciale américaine.
- La politique monétaire a une capacité limitée à stimuler la demande tout en maintenant une faible inflation, compte tenu des dommages que les tarifs douaniers causent aux perspectives économiques du Canada.
- D’ici la fin de 2026, la Banque prévoit que le PIB sera inférieur d’environ 1,5% aux prévisions de janvier, en raison d’une demande plus faible et d’une perte de capacité.
- Nous prévoyons que les forces opposées sur l’inflation s’équilibreront à peu près, maintenant le taux global près de 2%.
- L’incertitude demeure considérable quant aux tarifs douaniers américains et à leurs répercussions.
- L’éventail des résultats possibles est plus large que d’habitude; nous devons donc faire preuve de prudence quant à nos prévisions.
- La politique monétaire stimule quelque peu l’économie.
- L’impact des tarifs douaniers américains est clairement visible au Canada.
- Le marché du travail est atone. L’embauche est faible dans l’ensemble de l’économie.
- La dynamique positive des indicateurs d’inflation privilégiés par la Banque s’est essoufflée.
- La politique commerciale américaine demeure imprévisible.
- Notre travail est un processus continu ; l’économie est en perpétuelle évolution.
- Nous prévoyons un ralentissement de la croissance de la consommation.
- Si les perspectives changent sensiblement, nous sommes prêts à réagir.
- Le dollar canadien se comporte comme prévu.
- Nous anticipons une légère reprise du marché immobilier.
Cette section ci-dessous a été publiée à 13h45 GMT afin de rendre compte des annonces de politique monétaire de la Banque du Canada et de la réaction initiale du marché.
Comme largement anticipé par les analystes de marché, la Banque du Canada a abaissé son taux directeur de 25 points de base à 2,25% mercredi. Les investisseurs suivront désormais la conférence de presse habituelle du gouverneur Tiff Macklem à 14h30 GMT.
La banque centrale a revu à la baisse ses prévisions de croissance et a indiqué un ralentissement de l’expansion à venir. Environ la moitié de cette révision s’explique par l’impact des droits de douane, l’autre moitié étant imputable à la faiblesse de la demande induite par les politiques commerciales américaines. Concernant l’inflation, elle devrait rester proche de l’objectif, tandis que la croissance potentielle de la production devrait se modérer au cours des deux prochaines années.
Points clés de la déclaration de politique monétaire de la Banque du Canada:
- La banque a abaissé ses prévisions de croissance pour 2025 à 1,2%, contre 1,8% dans son rapport de politique monétaire de janvier.
- Elle anticipe désormais une croissance de 1,1% en 2026 (contre 1,8%) et de 1,6% en 2027.
- La croissance annualisée du PIB est projetée à 0,5% au troisième trimestre et à 1,0% au quatrième trimestre.
- L’inflation devrait s’établir en moyenne à 2,0% en 2025 (contre 2,3% en janvier), à 2,1% en 2026 (inchangé) et à 2,1% en 2027.
- La croissance potentielle du PIB devrait ralentir à 1,0% en 2026, contre 1,6% en 2025, avant de remonter à 1,3% en 2027.
- L’écart de production au troisième trimestre est estimé entre -1,5% et -0,5%, globalement inchangé par rapport au deuxième trimestre.
- Le taux d’intérêt nominal neutre devrait se maintenir dans une fourchette de 2,25% à 3,25%.
Réaction des marchés
Le dollar canadien (CAD) s’échange en nette hausse mercredi, amorçant un troisième repli quotidien consécutif de la paire USD/CAD, qui retombe aux alentours de 1,3900 après la décision de la Banque du Canada concernant les taux d’intérêt.
Le tableau ci-dessous présente la variation en pourcentage du dollar canadien (CAD) par rapport aux principales devises aujourd’hui. Le dollar canadien s’est particulièrement apprécié face à la livre sterling.

La carte thermique illustre les variations en pourcentage des principales devises l’une par rapport à l’autre. La devise de base est sélectionnée dans la colonne de gauche, tandis que la devise de contrepartie est sélectionnée dans la ligne du haut. Par exemple, si vous sélectionnez le dollar canadien dans la colonne de gauche et que vous vous déplacez horizontalement jusqu’au dollar américain, le pourcentage de variation affiché dans la case représentera le taux de change CAD (de base)/USD (de contrepartie).
Cette section ci-dessous a été publiée en avant-première des annonces de politique monétaire de la Banque du Canada à 9 h 00 GMT.
- La Banque du Canada devrait abaisser son taux directeur à 2,25%.
- Le dollar canadien demeure sous pression face au dollar américain en octobre.
- La Banque du Canada a réduit son taux directeur d’un quart de point en septembre.
- L’impact des tarifs douaniers américains sur l’économie nationale assombrit les perspectives.
La Banque du Canada devrait abaisser son taux directeur d’un autre quart de point mercredi, le ramenant à 2,25%. Cette mesure ferait suite à une baisse similaire en septembre, la banque centrale poursuivant son cycle d’assouplissement progressif.
Les arguments en faveur de nouvelles baisses de taux se multiplient. La croissance stagne, le marché du travail s’essouffle et l’inflation demeure obstinément supérieure à la cible. L’économie canadienne s’est contractée de 1,6% au deuxième trimestre, un résultat plus mauvais que prévu, tandis que le marché de l’emploi a surpris en créant 60 000 emplois en septembre, maintenant ainsi le taux de chômage stable à 7,1%. L’inflation reste un point d’achoppement. L’IPC global a progressé de 2,4% en glissement annuel le mois dernier, dépassant les attentes, et l’IPC de base a grimpé à 2,8%.
Les indicateurs privilégiés de la Banque – l’IPC commun, l’IPC corrigé et l’IPC médian – ont également légèrement augmenté, s’établissant respectivement à 2,7%, 3,1% et 3,2%. En septembre dernier, la Banque du Canada a abaissé ses taux directeurs de 25 points de base à 2,50%, une décision déjà pleinement anticipée par les marchés. Après cette réunion, le gouverneur Tiff Macklem a adopté un ton prudent, affirmant que la situation de l’inflation n’avait guère évolué au cours des derniers mois. Il a évoqué des données mitigées et insisté sur une approche au cas par cas. Bien que les pressions inflationnistes semblent quelque peu mieux maîtrisées, il a souligné que la Banque est prête à intervenir si les risques s’accentuent. Anticipant la décision de la Banque du Canada concernant les taux d’intérêt, les analystes de Valeurs Mobilières TD ont noté : « Nous prévoyons que la Banque du Canada abaissera ses taux de 25 points de base à 2,25 % en octobre, ce qui, selon nous, marquera la fin de son cycle d’assouplissement. Nous ne croyons pas que de meilleures données en septembre suffiront à maintenir le statu quo, mais elles devraient contribuer à un ton plus équilibré dans la déclaration, la Banque privilégiant une approche fondée sur les données à l’avenir.»
Quand la Banque du Canada annoncera-t-elle sa décision de politique monétaire et quel impact pourrait-elle avoir sur le taux de change USD/CAD?
La Banque du Canada annoncera sa décision de politique monétaire mercredi à 13 h 45 GMT, suivie de la conférence de presse du gouverneur Tiff Macklem à 14 h 30 GMT. Les marchés anticipent déjà une baisse des taux et intègrent une diminution d’environ 31 points de base d’ici la fin de l’année. Selon Pablo Piovano, analyste senior chez FXStreet, le dollar canadien (CAD) se consolide près du haut de sa fourchette récente, aux alentours du seuil clé de 1,4000. Il souligne que tant que la paire USD/CAD se maintient au-dessus de sa moyenne mobile simple (SMA) de 200 jours, autour de 1,3950, elle pourrait encore progresser. Un regain de confiance des investisseurs, ajoute Piovano, pourrait permettre à la paire USD/CAD de tester à nouveau le sommet d’octobre à 1,4080 (14 octobre), avant de potentiellement viser le sommet d’avril à 1,4414 (1er avril). En revanche, il souligne qu’un support important se situe autour de la moyenne mobile simple de 200 jours (SMA 200) à 1,3952, secondé par les SMA transitoires à 55 et 100 jours, respectivement à 1,3887 et 1,3799. Une cassure sous cette zone pourrait ouvrir la voie à une baisse jusqu’au support de septembre à 1,3726 (17 septembre), voire jusqu’au socle de juillet à 1,3556 (3 juillet) si la pression vendeuse s’accentue. « Les indicateurs de momentum restent orientés à la hausse », ajoute Piovano. « L’indice de force relative (RSI) oscille autour de 57, tandis que l’indice directionnel moyen (ADX) se situe aux alentours de 37, ce qui suggère que la tendance demeure forte. »
Analyse par l’équipe de FXStreet

